1) 1920-1945

    Dans les années 1920, appelées années folles, les gens à ce moment font la fête dépensent car ils viennent de sortir d’une guerre et veulent profiter de la vie tant qu’il en est encore temps. Avec la déferlante du Charleston, la mode fut à la robe brodée arrivant aux genoux. Les femmes s’émancipent en se coupant les cheveux à la garçonne, elles adoptent une silhouette longiligne et androgyne, et vivent leurs amours homosexuelles au grand jour. Les garçonnes sont un produit de la guerre, elles refusèrent de retourner aux fourneaux lorsque les hommes rentrèrent du front.

Affiches pour l’exposition « Les années folles 1919-1929 » au Musée Galliera, février 2008.


    On voit un contraste entre la façon de s’habiller de jour et de nuit. Le jour, la sobriété est de mise. On associe une coupe simple et des matières confortables à de discrets rubans pour rehausser le tout. Les garde-robes intègrent des tenues "sportswear" telles que des manteaux de voyage, des marinières. En revanche le soir les effets décoratifs prennent le dessus, on voit par exemple apparaître des franges, du satin et de la mousseline brodée, des plumes ou encore des strass. Ces effets décoratifs contrastent avec des robes aux lignes simples et souvent sans décolletés. Elles voient aussi leur buste s'allonger jusqu'aux hanches, et, pour faire équilibre, leurs jupes en 1922 et 1923 atteignent la cheville, le jour comme le soir.

    Avec l'émergence du mouvement féministe, le corset apparut comme un mal inutile entravant l'émancipation des femmes. Le soutien-gorge,  quant à lui, visait à réduire et à applatir la poitrine. Quelquefois même, des bandes épaisses servaient à le plaquer le plus possible au buste. Mais en 1930 les poitrines plantureuses firent leur grand retour. Malgré les privations dont elles souffraient encore au début de cette décennie, les femmes entendaient profiter de la liberté que leur conféraient leurs nouveaux soutiens-gorge.
    De 1925 à 1927, la jupe raccourcit progressivement pour s'arrêter juste au-dessous du genou. Les lignes restent droites, notament pour les petites robes du jour et les tailleurs qui subissent l'influence des tenues de sport. On voit déjà apparaître des bas puisque les femmes élégantes prennent l'habitude d'en porter, en soie et souvent de couleur chair, même dans la journée, car bien visibles grâce aux robes courtes. Ils s'intègrent à l'ensemble de la toilette.
    En été particulièrement, les femmes exposent de plus en plus leur corps avec par exemple l’apparition du short sur les plages et les jupes qualifiées de très courtes car elles remontaient au dessus du genou. Elles étaient même parfois assorties avec un dos nu. Sur la plage les femmes portent des maillots moulants exposant ainsi qualités et défauts. Le clergé catholique s’opposera à la diffusion de cette mode, sous prétexte que l’anatomie féminine s’y trouve beaucoup trop dévoilée. Pour lui, il est inadmissible que les femmes se dénudent ainsi. Pourtant, les premiers maillots s’avèrent modestes, ils sont composés d’une jupe assez longue et ne comportent pas de décolleté. Mais graduellement, ils vont dévoiler de plus en plus le corps. Le maillot de bain une pièce et son bonnet deviennent un véritable vêtement à nager.

Eté 1920, Etats-Unis, côte Est (photo Old Pictures Of The Day)


    1928 et 1929 représentent une transition entre les années folles et les années 30. Les couturiers rallongent la jupe, timidement en 1928, et seulement pour le soir, par des mouvements plongeants et en 1929 ils la rallongent beaucoup plus nettement. Dans une société durement éprouvée par les répercussions de la crise boursière survenue brutalement aux Etats-Unis en 1929, et que la Seconde Guerre mondiale menace, le costume féminin retrouve de sa gravité en retrouvant de la longueur. C'est maintenant sa longueur qui indique la destination de la toilette: légèrement en dessous du genou pour le sport, à trente-huit centimètres du sol pour le voyage, juste à la cheville pour le diner, recouvrant les pieds pour les grands soirs. La silhouette des années 30 se définit par des vêtements ajustés et non plus flottants. Toutes les formes du corps sont mises en valeur. La mode affine la taille et conserve son emplacement naturel. La jupe est plus longue et souvent étroite, elle allonge les jambes, concourant à amenuiser encore la proportion du buste. La tête reprend du volume grâce à la coiffure qui cesse d'être plate. De 1935 à 1939, la mode de ville reste assez longue (elle ne commence à raccourcir qu'en 1939) et son style demeure stable.

    C'est pendant la guerre qu'apparurent les "pin-up", les soldats en poste à l'étranger, séparés de leur femme, se consolaient avec elles. Ce terme apparu le 7 juillet 1941 dans le magazine Life, désigne les beautés plantureuses et légèrement vêtues dont les photos étaient épinglées ("to pin up" en anglais) sur les murs des casernes. Ce terme désignait toute femme séduisante, dénudée et au sourire sensuel.


calendrier consacré aux pin-up américaines des années cinquante

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