2) 1946-1960

    Après la seconde guerre mondiale, la mode féminine connut un changement radical. Les soldats de retour du combat voulurent voir des pin-up à la maison. Les femmes lasses des tenues fonctionnelles, aspiraient elles aussi à une touche de glamour. Une image exagérée de la féminité est née. Cette période fut un moment de grand changement, particulièrement pour la  lingerie féminine. Ainsi on vit l'apparition du soutien-gorge rembouré, le retour du corset accompagnant le « new look » de Dior, le premier bikini, l'évolution du soutien-gorge sans bretelles, les modèles à bonnets coniques, les premiers faux seins, les armatures et l'utilisation de matières synthetiques. En janvier et février 1947, le magazine Vogue note que les femmes ont avant tout un corps féminin, "avec des hanches rondes, une taille minuscule et un buste normalement développé". Il souligne que l'aspect masculin des tailleurs a "totalement" disparu. Les jupes se font nettement plus longues et plus larges et les épaules demeurent artificiellement rembourrées, mais la carrure s'arrondit grâce à d'ingénieux détails de coupe. Pour les robes, la taille demeure toujours aussi mince.
    La guerre terminée, le rationnement des vêtements touchait à sa fin. Les restrictions avaient forcé à adopter une ligne simple, aux vestes courtes, aux épaules carrées et aux jupes droites. Les femmes enrôlées aspiraient à raccrocher leurs uniformes et, après des années de débrouilles, de retouches d'habits fonctionnels, elles rêvaient de tenues plus habillées et un peu plus frivoles. Le couturier Dior exauça leurs voeux.
    A la fin de la seconde guerre mondiale, en 1945, l'euphorie s'installe mais différemment que durant les années folles où les femmes revendiquaient un côté androgyne. Tout va changer avec l’arrivée du New look caractérisé par une taille marquée et des épaules très rondes. Dior crée des modèles très structurés et très volumineux, de longues jupes sous un buste souligné. Pour obtenir un tel résultat c'est le retour des jupons à volants et du corset. On voit un retour en arrière par rapport à l’émancipation des femmes à la suite de la guerre de 14. Toutefois , les corsets ne ressemblaient plus aux instruments de torture de jadis, grâce aux progrès des matières synthétiques, aux nouveaux styles de confection et à une meilleure connaissance du corps humain.
    Désormais, les femmes ont un besoin de féminité raffinée. Les lignes deviennent alors amples, la taille s’affine, les épaules sont petites et rondes, et les hanches sont marquées. C'est l'éditrice en chef du Harper's bazaar américain qui donna son nom au mouvement New Look, impressionnée par la ligne "corolle" présenté par Christian Dior en 1947, les jupes et les robes étaient alors allongées d'une vingtaine de centimètres elles arrivaient environ mi-mollets. D'autres considéraient que son style d'avant-guerre, d'une féminité exagérée, faisait régresser la condition de la femme. Mais en dépit des réactions mitigées, le New Look va finalement dominer la mode féminine jusqu'en 1954.

Christian Dior, tailleur "Bar", ligne "corolle", 1947


    Ses collections sont composées de robes aux lignes uniques. Par exemple Diorama la robe-vedette: 40 mètre de tour, 3 kilos, 20 mètres de lainage noir, une taille étranglée un décolleté en as de pique, et faite en deux-pièces.

Robe Diorama, image extrait du Elle du 25 septembre 1947


    Conçu par un français, Louis Réard, le bikini tient son nom d'un atoll situé au large de l'Australie, zone expérimentale de l'armée américaine. En juillet 1946, deux bombes atomiques y explosèrent, inspirant Louis Réard, qui vit là l'effet que son invention allait avoir sur les hommes. Et en effet à la suite de la publication de ses photos, Micheline Bernardini, la danseuse de cabaret qui porta pour la première fois le bikini, reçut près de 50000 lettres d'admirateurs.

 

Micheline Bernardini portant le premier bikini le 5 juillet 1946


    Sur la Côte d'Azur retrouvée, la mode d'après guerre se dessine, impertinente. Sur la croisettes, une femme brune et mince dans un short très court à plis creux en toile rouge et à pois blancs. Les maillots de bains réduits au minimum: slip et soutien-gorge.

Article du magazine Elle datant du 9 juillet 1946


    La silhouette idéale des années 50 adopte des canons qui soulignent tout les attributs féminins: poitrine, taille, hanches, jambes. Ce sont des chaussures à talons hauts, qui allongent les jambes et cambrent les reins. De nouveaux sous-vêtements apparaissent et les soutiens-gorge qui remontent la poitrine et dont les bonnets donnent aux seins une forme pointue. Cependant ce ne sont que des tendances générales car chaque couturier apportent leur lot de nouveautés quant à la hauteur de la poitrine, à la cambrure des reins ou à l'allongement du cou par exemple.

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